POSE.ES - cirque et paroles - une experience collective en salle de classe
Dans une salle de classe, où les collégien.nes sont là pour apprendre à apprendre, Marie et O, deux artistes circassien.nes, vont leurs proposer de transformer cet espace pour partager une expérience collective.
Marie et O sont en équilibre et en contrepoids, juché.es sur un bastaing de bois de 80 cm. Ielles sont dans le labeur de l’acte, sans psychologie et sans fioriture. Et dans cet acte, ielles se parlent. De leurs vies, de leurs envies, de leurs besoins, de leurs contraintes, de leurs certitudes, de leurs situations au-delà de cette situation. D’anecdotes, de petites et de grandes pensées. Au bout de quelques minutes, en les observant endurer et trouver leur souffle, on ne sait plus si cette situation est singulière ou quotidienne.
LES OBJECTIFS
Aujourd’hui, une forme de désarroi s’empare de nous, sur la question de « comment agir ? ». Le monde semble s’écrouler et on a souvent l’impression de gesticuler chacun.e dans notre milieu, chacun.e avec nos enjeux, mais comment œuvrer pour toustes ?
L’adolescence est un bouleversement où chaque expérience devient primordiale et marquante. C’est un moment clef pour proposer une réflexion, une ouverture et une pratique nouvelles. C’est aussi le moment de questionner les premières certitudes qui pourraient enfermer les adultes en devenir qu’ielles sont, dans un monde limité et intolérant.
LE SENS CRITIQUE
Les ados sont les mal-aimé.e.s de la société.
On aime les enfants pour leur innocence et leur gourmandise, les adultes pour leur brillance et leur nuance mais on est plus mal à l’aise avec cette étape de transition qui fait de l’adolescent.e un être hybride.
C’est peut-être aussi une des raisons qui fragilise l’amour propre à ce moment-là . On se sent trouble et indéfini.e. Et pourtant cette période est fondamentale. En tant qu’adultes, artistes accompagnateur.trices, nous devons la choyer, la valoriser, lui donner l’importance qu’elle mérite pour que ces ados ne passent pas à côté d’iels-mêmes.
Nous aimerions les amener à se questionner sur la construction et le développement du sens critique. A cet âge charnière et dans cette période tourmentée, il paraît très difficile de déchiffrer l’information juste.
L’idée est d’éveiller un questionnement pendant la représentation, de faire passer les jeunes de spectateurices à acteurices en les prenant à parti, en les intégrant aux réflexions, et en les mettant en mouvement physiquement pour débattre collectivement.
Dans un second temps et dans un autre espace, nous leur proposerons d’expérimenter physiquement et sensoriellement ce qui a été partagé en classe à travers des ateliers de pratiques autour du cirque.
Nous aimerions les sensibiliser à valoriser leurs propres opinions, à avoir confiance en leurs visions, car ielles construiront la nouvelle société. C’est sans doute un des enjeux principaux de l’adolescence, ce moment d’affirmation qui fait de vous une personne confiante et en capacité d’agir pour elle-même avec bienveillance et connexion au reste du monde.
Le matin
Présentation de Posé.es, proposition artistique participative dans une salle de classe pendant 2h de cours.
Ce spectacle, dernière émanation du projet REFUGE porté par la Mondiale générale, a été conçu par Alexandre Denis. Il est créé et joué par deux artistes circassien.nes : Marie Jolet et O. Pelpel.
L’après- midi
Autour de la représentation, nous proposons des ateliers de pratique circassienne, autour de jeux sensibles et sensationnels explorant la confiance que l’on porte à soi et à l’autre. Il s’agit d’un autre rapport au corps, à l’espace et à l’autre. Pas de fuite vers le haut, pas de jeux de force. Ces ateliers s’appuient surtout sur un rapport à deux, un rapport de guideur/guidé. La base de cette proposition est de placer la confiance et le consentement comme une convention.
Le déroulé : un travail d’échauffement sensoriel pour rendre disponible le corps et l’esprit (exercices de concentration, approche cathartique de l’espace et du groupe...) puis un travail d’échauffement « de sécurité » (chauffer les muscles et les articulations par des exercices de souffle, d’étirements, de chorégraphie) et un échauffement « sensible » (s’approcher des autres, appréhender le corps de l’autre...).
Ensuite démarrer le travail de portés acrobatiques au niveau zéro (monter sur les pieds de son partenaire est déjà un porté ! Monter sur le plus petit bastaing est déjà un équilibre sur objet !), et avancer dans la pratique en fonction des envies et des qualités de chaque groupe (Main à main, pyramides, colonnes...).
Par des exercices ludiques, nous chercherons à déplacer l’enjeu : l’enjeu devient la règle à respecter, et non une action finale à gagner. Les règles des jeux se placent comme des contraintes, un cadre dans lequel on verra évoluer chaque participant.e (exemples de règle du jeu : jouer au loup les yeux fermés, se déplacer dans un petit carré tracé au sol sans toucher les autres, partir en balade les yeux fermés avec un guide).
Explorer, se laisser surprendre, l’objectif est de chercher et non de trouver.
Tout cela dans l’objectif de valoriser l’accomplissement par la confiance et par le collectif, le dépassement de soi, renforcer son estime et donc ses choix, être connecté.e à ce, celles et ceux qui nous entourent, en prendre soin et prendre du plaisir à être bienveillant.e.
L'action est menée dans l’enceinte des établissements. Chaque intervention dans un établissement pourra comporter plusieurs journées d’intervention (1 par classe)
Pour une classe : 1ere demi journée : Posé.es (2h) 2eme demi-journée : Atelier de pratique circassienne (2h-2h30) Ce format type peut être adapté en fonction des besoins, du temps disponible et du nombre de classes.
Les représentations se déroulent en classe uniquement. Le montage et le démontage se déroulent avec les élèves. Besoin de 15 minutes de repérage dans la salle de classe entre 1h et 1h30 avant la représentation, et d’un espace d’échauffement pour les artistes avant la représentation (une autre salle de classe par exemple).
Pour les ateliers, une salle, type salle polyvalente ou gymnase pouvant accueillir une pratique sportive. Besoin de tapis type tatami : 1 tapis pour 2 élèves.